Podcast RDV de la tech : l’open source au cœur de la stratégie de CDC Informatique

Publié le 09 octobre 2026

Mis à jour le 14 octobre 2026

Les RDV de la Tech : le podcast qui vous fait découvrir les innovations, les technologies et les projets qui transforment CDC Informatique. Aujourd'hui nous inaugurons une nouvelle série de podcasts dédiée à l'open source. Quels sont les enjeux et le positionnement de CDC Informatique ?

Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir trois membres de CDC Informatique : Mathias Guérin (directeur général), Geoffray Sulkowski (CTO) et Michel Le Garrec (CTO adjoint). Bonne écoute !

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Animatrice : Bienvenue dans les RDV de la Tech’, le podcast qui vous fait découvrir les innovations, les technologies et les projets qui transforment CDC Informatique. Je suis Cécile du service communication et aujourd'hui nous inaugurons une nouvelle série de podcasts dédiée à l'open source. Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir trois membres de CDC Informatique :

  • Mathias Guérin, directeur général, 
  • Geoffray Sulkowski, CTO,
  • et Michel Le Garrec, CTO adjoint. 

Bonjour à tous les trois et bienvenue. Alors pour débuter ce podcast, on va commencer par une question assez simple : qu'est-ce que l'open source ? Geoffray, je vais commencer par toi. Tu es donc CTO de CDC Informatique, en charge de la stratégie et de l'innovation technologique de la Caisse des dépôts. Comment est-ce que tu définirais, toi, l'open source ? Est-ce que tu peux nous rappeler un peu le concept et la démarche ? 

Geoffray SULKOWSKI : Oui, l'open source, à l'origine, c'est assez simple. Ce sont des logiciels dont le code source est accessible et que l'on peut utiliser, étudier, modifier et redistribuer dans le respect d'une licence. C'est important de le préciser parce qu'il y a souvent une confusion. Open source ne veut pas forcément dire gratuit. Il peut tout à fait y avoir des modèles économiques autour du support, de l'hébergement ou des services. Au-delà du logiciel lui-même, l'open source est surtout devenu une manière de travailler. On développe de façon plus ouverte, collaborative, avec des communautés qui peuvent rassembler des développeurs, des entreprises, des chercheurs, des acteurs publics ou des fondations qui contribuent ensemble à faire évoluer cette technologie. Historiquement, c'est très proche du mouvement du logiciel libre. Le logiciel libre met davantage l'accent sur les libertés accordées aux utilisateurs, alors que l'open source a plutôt mis en avant les dimensions pratiques collaboratives et industrielles. Et aujourd'hui, on est très, très loin d'un modèle marginal. L’open source est devenu un véritable standard de l'industrie numérique. Je crois que Michel, tu vas en parler tout à l'heure… Linux, Kubernetes ou PostgreSQL par exemple, sont au cœur de beaucoup de systèmes d'information modernes. Donc, si je devais le résumer simplement, Cécile, l'open source n'est pas seulement du code ouvert. C'est aussi un modèle de collaboration, une mutualisation autour de la technologie. 

Animatrice : L'open source, au départ, c'est un levier d'innovation. En fait, on parle de communauté de logiciels libres partagés. Et d'ailleurs, je crois savoir que CDC Informatique utilise depuis longtemps ce type de solutions. Mathias… toi, justement, en tant que directeur général de CDC informatique, est-ce que tu peux nous partager ta vision de l'open source et peut-être plus largement le positionnement de CDC Informatique et du groupe Caisse des Dépôts sur ce sujet ?

Mathias GUERIN : Effectivement Cécile, l'open source et CDC informatique, c'est une longue histoire. Au départ, on a vu l'open source comme une alternative à des roadmaps éditeurs ou à des dépendances vis à vis de certains fournisseurs. L’open source permettait d'avoir des outils ou des solutions qu'on pouvait mettre en concurrence avec ce que nous proposait certains éditeurs. Aujourd'hui, c'est devenu une véritable source et brique d'innovation. Et, on voit qu'il y a des composants open source qui sont meilleurs que des solutions portées par des éditeurs. Donc pour nous, aujourd'hui, l'open source, c'est consubstantiel de notre métier et on doit être en mesure, à l'ère de l'intelligence artificielle, de pouvoir combiner l'ensemble des solutions pour fournir la meilleure solution à la Caisse des Dépôts. C'est devenu vraiment une logique qui est de dire « On a troqué la dépendance éditeur à une dépendance plus large, avec des ambitions, des stratégies politiques ». Et on le voit aujourd'hui, à l'ère de l'intelligence artificielle, certains essayent de récupérer la notion d'open source pour dire que leurs modèles sont indépendants alors qu'ils ne le sont pas. Et donc, c'est pour ça que c'est important d'avoir une lecture et de comprendre exactement sur quelle technologie on va fonder les systèmes d'information de la Caisse des Dépôts. 

Animatrice : Geoffray, quels défis et quelles opportunités vous identifiez à travers cette approche open source ? 

Geoffray SULKOWSKI : Je dirais que l'open source est à la fois une opportunité, mais aussi un sujet de maîtrise. L'opportunité, c'est davantage de transparence sur les technologies que l'on utilise, plus d'interopérabilité, de réversibilité et une capacité plus forte à faire évoluer les solutions. Mais open source ne veut pas dire absence de risque, ni absence de dépendance. Il faut regarder la maturité des projets, leur gouvernance, leur sécurité, leur pérennité et notre capacité à les maintenir dans le temps. L'enjeu, au fond, c'est d'avoir des dépendances que l'on connaît, que l'on choisit et que l'on sait maîtriser. C'est aussi pour cela que la dimension collective est très importante. CDC Informatique est membre du TOSIT, une association qui réunit entreprises et acteurs publics autour d'un open source de confiance. J'en suis aujourd'hui d'ailleurs le vice-président. Avec Eurocommons, la Caisse des Dépôts va même plus loin et porte cette logique à l'échelle européenne, en cherchant à faire émerger des communs numériques et des trajectoires collectives. Donc, on passe progressivement d'un simple choix technologique à une véritable logique de coopération et de maîtrise du SI. 

Animatrice : Donc effectivement, tu parles donc de coopération, de collectif. Ça crée un peu une émulation et un changement stratégique au sein des entreprises. Et concrètement, ça donne quoi ? Alors là, je vais peut-être m'adresser plutôt à Michel… Tu es adjoint au CTO et tu es aussi chez CDC Informatique depuis de nombreuses années. J'imagine que tu as vu un peu les pratiques évoluer, les outils aussi… Quel est ton regard toi là-dessus ? Comment on utilisait l'open source auparavant au sein de CDC Informatique et comment on l'utilise aujourd'hui ?

Michel LEGARREC : Alors effectivement, j'ai la chance d'être chez CDC Informatique depuis longtemps et j'ai pu observer l'évolution de nos roadmaps technologiques, l'évolution de l'open source au sein de l'entreprise. L’open source a toujours eu une place à part dans notre monde technologique. On a été toujours un défendeur de ces notions d'open source. On a d'ailleurs beaucoup consommé l'open source dans les premières années. On a un certain nombre de systèmes qui sont basés sur l'open source qui nous posait un certain nombre de difficultés et de questions… OK, c'est de l'open source, mais quand on a un incident de production, comment ça se passe ? On a un Postgre qui est open source, mais moi j'ai l'habitude d'avoir un Oracle avec du support. Donc, il a fallu traiter un petit peu tous ces sujets de passage à l'acte, entre guillemets, de la consommation de l'open source. Et après quelques années, une fois qu'on a été bien à l'aise dans la consommation, on est passé dans une position de contributeur. On a commencé à réaliser des logiciels. Donc notamment, on a réalisé, récemment, SCORE ou RETRODOC, qui sont des outils basés sur l'IA, qui permettent de passer d'une posture de consommateur à une posture de contributeur. Et ça permet de partager ces communs numériques avec un certain nombre d'entités. Avec toutes celles qui veulent bien les consommer, voire y contribuer. Et ça permet de partager des choses au sein du groupe Caisse des Dépôts - le groupe étant assez grand - sans avoir à monter des structures juridiques comme on a pu le faire dans le passé, avec des choses qu'on mettait en partage mais qui nécessitaient une structure juridique propre. Et puis, ça présage aussi d'un petit virage sur la souveraineté, avec toute la démarche qu'ont évoqué Geoffray et Mathias sur les communs numériques, Eurocommons et puis plus globalement sur la résilience numérique avec l'avènement de l’IRN. 

Animatrice : Tu peux nous expliquer un peu ce qu'est l’IRN rapidement ?

Michel LEGARREC : Alors l’IRN rapidement, c'est l'indice de résilience numérique. Donc ça concerne la souveraineté, mais pas que. Il y a tout un tas de critères qui permettent de définir si on est résilient ou pas résilient. On aurait pu se concentrer uniquement sur la souveraineté. Mais, à travers cet indice, on ne souhaitait pas que la souveraineté soit un prétexte à la médiocrité. Donc on veut des bonnes solutions qui soient souveraines, mais qui soient aussi bonnes et performantes. Et pas uniquement quelque chose qui est français mais qui n'est pas suffisamment performant. 

Animatrice : Effectivement, on voit du coup que CDC Informatique a pris un nouveau virage et qu'elle est un acteur dans le développement de l'open source, donc c'est une belle perspective pour les projets à venir. A vous trois, vous nous avez donné un bon aperçu de ce qu'est l'open source et de l'engagement de CDC Informatique. Aujourd'hui, comme on l'a déjà évoqué, ce podcast est le premier d'une série d'épisodes qui aborderont par la suite un peu plus dans le détail, justement, ce qu'on a évoqué : l'engagement auprès du TOSIT, le lancement de l'indice de résilience numérique… On y reviendra un peu plus en détail et on présentera aussi les différents outils qui ont été développés par CDC Informatique. Et du coup, ce sera l'occasion de prochains rendez-vous. Donc un grand merci Mathias, Geoffray et Michel pour ces échanges et votre regard sur le sujet. Et moi, je n'ai plus qu'à vous dire, rendez-vous dans les prochaines semaines pour un nouvel épisode des rendez-vous de la tech !