[Podcast] La saison 2 "De Vive Voix" est sur les ondes !

Publié le 07 septembre 2026

Mis à jour le 07 septembre 2026

Et si pendant un instant on changeait de perspective ? Imaginez… Pendant un an, votre quotidien tient dans un sac à dos.
Podcast De Vive Voix - Le tour du monde de Yann

Chaque semaine un nouveau pays, chaque jour une nouvelle rencontre. C'est exactement l'expérience qu'a vécue Yann lors de son tour du monde. 
Alors pourquoi partir ? Qu'est-ce qu'on découvre en chemin ? Et surtout, avec quoi revient-on ?  C'est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet épisode de De Vive Voix, le podcast qui part à la rencontre de celles et ceux qui ont une histoire à partager.

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RETRANSCRIPTION EPISODE 20 - PODCAST « DE VIVE VOIX »

Cécile : Et si pendant un instant on changeait de perspective ? 

Imaginez… Pendant un an, votre quotidien tient dans un sac à dos. Chaque semaine un nouveau pays, chaque jour une nouvelle rencontre. C'est exactement l'expérience qu'a vécue Yann lors de son tour du monde. Alors pourquoi partir ? Qu'est-ce qu'on découvre en chemin ? Et surtout, avec quoi revient-on ? C'est ce que nous allons découvrir aujourd'hui dans un nouvel épisode de De Vive Voix, le podcast qui part à la rencontre de celles et ceux qui ont une histoire à partager. 

Cécile : Bonjour Yann, merci d'être avec nous. 

Yann : Bonjour Cécile !

Cécile : Tu as pu profiter d'un congé sabbatique en 2025. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ton voyage ? D'où est venue cette envie de partir un an autour du monde ? Et à quel moment tu t'es dit « cette fois, je me lance ? »

Yann : Ça fait déjà plusieurs années que nous y pensions, avec mon épouse. On voulait vivre une expérience extraordinaire. La chose importante à savoir, c'est quand partir. Il fallait que toutes les planètes s'alignent. On a des enfants… dont il fallait qu'ils soient plus ou moins autonomes. Et les parents, il fallait qu’ils soient eux aussi encore autonomes. On a trouvé le bon moment en cette année 2025. 

Cécile : Une fois que les enfants sont grands et qu'on est ok pour partir, quelles sont les principales étapes ? Comment avez-vous préparé ce projet ? 

Yann : Oui alors l'organisation effectivement, il y a plusieurs étapes, mais il y en a qui ont été réalisées plus ou moins en parallèle. Les demandes d'année sabbatique, tout ce qui est administratif, ça se fait un peu à la fin. On a commencé par voir l'itinéraire, quel pays on voulait absolument faire. Un an, c'est long, mais c'est court à la fois. On ne peut pas tout faire. Donc on a choisi quelques pays, et puis on en a enlevé certains, puis on en a rajouté... Il fallait regarder la météo au moment où on allait passer dans chaque pays, donc savoir dans quel sens on allait faire notre tour du monde. Et puis regarder les aspects administratifs, les visas, les billets... On a pris des billets tour du monde, donc ça s’anticipe. Il y a aussi les vaccins... Après, on ne peut pas tout organiser.

Cécile : Tu m'as dit que vous étiez partis 358 jours et que vous aviez parcouru 118 000 kilomètres, et à peu près 180 treks… Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le déroulé de ton voyage et combien de pays vous avez visité ? 

Yann : Oui, et bien en fait, on a fait exactement 118 156 kilomètres, tout confondu : avion, bus, train, voiture, bateau, bacs, vans, etc. Et on a fait 12 pays. Pour le circuit, on a commencé par l'Argentine : on est arrivé à Buenos Aires, on a voulu aller voir les chutes d'Iguazu. On a repris l’avion et puis on est allé carrément au sud à Ushuaïa et ensuite on est remonté progressivement le long de l'Argentine et du Chili, jusqu'à arriver au nord du Chili et de l'Argentine, pour après passer en Bolivie. On est remonté au Pérou. Du Pérou, on est parti directement aux Etats-Unis, sur la côte ouest, à Los Angeles. Là, on a loué un van et on est remonté pour faire toute la côte, tous les grands parcs de l'Ouest américain. Puis, on est passé ensuite au Canada. On a traversé les Rocheuses canadiennes jusqu'à Vancouver, l'île de Vancouver, pour ensuite partir sur la Polynésie. Et derrière, on est arrivé à Sydney. On a fait toute la côte Est en van de l'Australie, puis après on est allé au nord. On a traversé par le bush et ensuite on est arrivé au sud de l'Australie. On a fini par la Golden Ocean Road pour après reprendre un avion, et passer en Nouvelle-Calédonie. Derrière, on est parti en Nouvelle Zélande, on a fait l'île Sud et l'île Nord. Et… pour rentrer… parce qu'on est quand même de l'autre côté de la terre… pour rentrer et se remettre du jetlag, on s'est arrêté à Singapour une semaine et à Istanbul aussi, un peu moins d'une semaine, avant de revenir sur Toulouse. Voilà Cécile.

Cécile : C'est un sacré périple ! Vous avez parcouru effectivement des tas de kilomètres, c'est impressionnant. Si je calcule bien, ça fait un pays par mois, à peu près. Vous êtes passés du désert aux glaciers, du bush aux forêts tropicales, aux plages de sable blanc. Ça fait beaucoup de beaucoup de paysages en peu de temps. J'imagine que vous avez aussi varié les logements ? Vous avez dû jongler entre les hôtels, les logements chez l'habitant ? Vous avez dû rencontrer des cultures hyper différentes aussi. Est ce qu'il y a un lieu ou une rencontre qui t'a particulièrement marqué ? 

Yann : Toute la zone du nord du Chili, Nord de l'Argentine, Sud, Bolivie, le Salar de Uyuni. C'est assez incroyable en fait. Ce sont des rencontres…, des mamies qui avaient des fermes à lamas… On était avec des 4x4 un peu anciens, qu'ils réparaient avec des bouts de corde et on se suivait dans le désert. Pour une question de sécurité, on était à deux 4x4. Les paysages incroyables. On était toujours entre 3000 et 5000m d’altitude. C’étaient des paysages de sel, tout blanc. C'est vraiment magique, c'est incroyable. Et la deuxième partie, c'est effectivement la Polynésie… C'est quand même un petit paradis. Il y a une joie de vivre folle. En fait, les Polynésiens, ils sont avec le yukulele… la joie de vivre… le barbecue…  Ils vont pêcher…

Cécile : Je reviens moi sur la partie Argentine, Chili, Bolivie. Justement tu parlais de l'altitude. Est-ce que vous n'avez pas été confronté au mal d'altitude pendant les treks ? Est-ce que ça n'a pas été trop compliqué pour vous à gérer ? 

Yann : Effectivement… ça, au début ce n'était pas simple. Mais comme on y est resté quand même assez longtemps, on a commencé aux alentours de 3000 mètres... Là-bas, ils ont la feuille de coca que, je pense, tout le monde connaît. Mais on a trouvé autre chose, ça s'appelle de L'agua Florida. C'est un complexe d'huile avec une bénédiction et tout. Il y a tout un rituel. Finalement, on a pris ça car la feuille de coca, ce n’est franchement pas bon. C'est même pire à enlever de la bouche qu'à mettre dans la bouche. Donc, on est parti sur ça. Mais oui, la première fois où on a vraiment fait une montée très rapide de 3000 à 4000m… On a fait le lever de soleil sur les geysers del Tatio, au nord du Chili, qui était magnifique, mais avec une montée et une descente très, très rapide... Moi le soir, j'étais en feu en fait. Je sentais que mon corps réagissait. C'était incroyable. Après, on a fait des treks à plus de 5000 mètres, 700 mètres de dénivelé... Là, on sent qu'on est haut quand même. J'ai une montre GPS qui regarde le cardio et il était très, très haut. Ma montre me disait « Attention Yann, il se passe un problème ».

Cécile : Tu nous as partagé aussi bien des moments cardio que des moments plus suspendus, tranquilles au bord de l'eau. De ce que tu as déjà raconté, si tu devais justement aller piocher dans ton meilleur souvenir ?

Yann : Ce sont vraiment les partages que nous avons eus, les moments avec les locaux, les familles. En Polynésie, aux îles Marquises, les jeunes dressent des chevaux sauvages. Et, après ils vont à la chasse, à cheval. Ils n'ont pas de fusil, ils chassent au couteau. Donc on a trouvé ça hallucinant. Ils reviennent avec leurs chevaux et le cochon sauvage tout nettoyé. Et puis après, on se retrouve en famille, avec les amis à manger du cochon sauvage au barbecue. Donc ça, ce sont des moments assez incroyables. Dans l'Amazonie aussi, on a partagé avec un local qui était guide… Il nous a fait la cérémonie du Pachamama. On était juste 4 touristes avec lui, 2 jeunes, et puis nous 2, moins jeunes… La cérémonie du Pachamama, c'est une cérémonie de la Mère Nature. Et pendant qu'on faisait ça en plein Amazonie, en pleine nuit, il y avait des animaux qui passaient partout…. C'était une ambiance un peu hors du temps, c'était fou. 

Cécile : Si tu pouvais nous citer, à l'inverse, un moment plus compliqué ou inattendu que vous avez pu vivre ? Tu nous as beaucoup parlé de la partie plutôt rencontre... Est-ce que tu vas partir sur une rencontre ou sur un lieu ? 

Yann : Alors dès que tu me poses ta question en fait… effectivement, tout de suite, j'ai un sujet qui a été très, très dur. On est arrivé à la Paz. Une ville où il y a plus de 1000 mètres de dénivelé entre le bas de la ville et le haut de la ville... L'idée, c'était d'aller dans l'Amazonie, faire des treks dans l'Amazonie, aller en pirogue voir un peu toute la faune et la flore. On arrive un samedi... Et là on se dit bon, c'est simple, il y a deux moyens d'y aller : l'avion… ce sont des petits avions… mais c'est 1/2h, donc ça va vite. Et puis après, il y a le bus local. Uniquement ces deux moyens de transport. C'est simple. Donc, on ne peut pas trop se poser de questions. On voulait prendre l'avion parce qu'entre 1/2h et le bus local, à minima c'est 14h. Donc, on s'est dit « l'avion ça va aller plus vite, ça sera plus sympa ». Et puis le bus local, on ne sait pas trop, on ne savait pas trop à quoi s'attendre. Donc, on a dit « on va prendre l'avion ». Mais c'était impossible car tout leur système était buggé. On est allé faire deux ou trois agences. Et tous, nous ont dit « non, non, c'est tout buggé, revenez lundi ». Donc obligés de se rabattre sur le bus local. On y va, on est parti, on arrive. C'est un bus de ville…

Cécile : Donc pour 14h...

Yann : Ah ben oui, minimum 14h. Et ça, vous allez comprendre pourquoi. C'est à dire que c'est un bus de ville. Iil n'y a pas de toilettes, ce ne sont pas des bus qu'on voit en Amérique du Sud où il y a un confort incroyable… Même si ça tourne beaucoup, on est chahuté dans tous les sens, on ne peut pas trop se reposer... Mais bon, au moins, on est confort, quoi. Là, c'est vraiment un bus de ville… On monte dedans. Là bon, les locaux montent aussi, etc. Ça se remplit, ça se remplit, on est les uns sur les autres. Et puis le chauffeur du bus arrive, on ne comprend pas trop mais il est en tongs avec de la boue jusqu'aux genoux. Bon là, on se dit, ça va être folklorique. Et effectivement, au bout d'un moment, on part. Avec beaucoup retard… Donc on se dit, « j'espère qu'on va arriver à l'heure, qu'on ne va pas mettre 23 ou 25h comme certains… ». Donc on est parti. Et, très rapidement, on comprend pourquoi il a de la boue jusqu'aux genoux, car la route avec du bitume s'arrête très vite et ça devient un chemin en boue. Et on voyait le bus en train de surfer, se rapprocher du précipice, repartir…. Et là, je me disais « c'est parti pour 14h comme ça, l'enfer… ». Et là, ce n'était que le début. Parce qu'après, au bout d'un moment, le soleil se couche…. Et le bus se met à chauffer … Donc il s'arrête en plein dans la forêt. On avait déjà pas mal descendu… Donc, il s'arrête là, dans la forêt. Tout le monde en profite pour descendre. On était que trois couple d'européens. Les autres, c’étaient des locaux… avec des enfants dans les bras. Dans le bus, ils donnaient à manger… Et donc, là il fait nuit… Tout le monde commence à descendre parce que tout le monde avait des besoins. Et donc, nous, on descend aussi. On était les seuls, européens, avec nos lampes frontales…

Cécile : C’étaient essentiellement des locaux du coup. 

Yann : Ah oui, oui, des locaux qui revenaient de la Paz. Certains pour une visite médicale pour leurs enfants ou alors pour acheter quelque chose dont ils avaient besoin dans l'Amazonie… Ils se faisaient ces voyages incroyables, de l'extrême je dirais. Et donc, là, on descend, et je regarde avec la lampe frontale. Et là je vois tout le monde, les femmes accroupies, les hommes en train de faire leurs besoins…. Et élément supplémentaire, je vois passer le chauffeur du bus. Donc je lui demande ce qu'il y a. Il me dit que ça chauffe. Donc, il est en train de faire refroidir le moteur, tranquille… Et puis il va ouvrir la soute à bagages. Et là je vois que dans la soute à bagages… il y avait plein de gens qui voyageaient dans la soute qui sortent…. Non mais là, là… je me suis dit c'est bon, là on est vraiment ailleurs. Voilà, ça c'était la deuxième étape. La troisième étape qui a été quand même aussi folklorique, c'était… On arrive au bout d'un moment… alors… les précipices étaient moins hauts…. Là on était à 50, 100 mètres. Mais on arrive, il faut traverser une rivière. 

Cécile : Là, le jour s'était levé ?

Yann : Exactement. Donc on voit qu'il y avait déjà un bus dans la rivière, coincé sous une cascade. Et nous, on devait passer cette rivière dans l'autre sens. Donc le chauffeur s'arrête, il va checker un peu la profondeur… là où il peut passer. Il ne faut pas oublier que la rivière est passée sur la route. Et puis du côté droit où on devait passer, il y avait un précipice et une autre cascade en fait… Le chauffeur revient puis il nous dit « ouais c'est bon, on y va, ça va passer, ça va passer ». Mais, ce n’est pas passé du premier coup. Donc là, il s'est bloqué dedans, il faisait des aller-retours… L'eau nous emmenait vers la cascade et le précipice… Et là, c'était un stress général. En fait tout le monde tapait des pieds, criait… Les mamans qui disaient « on veut sortir » …. Dans la soute à bagages, on entendait, ça tapait, ça gueulait aussi… Un stress, mais il faut y être pour le pour le percevoir. C'était dans l'air, c'était incroyable. Tout le monde tapait, on voulait sortir. Mais ce n'était pas possible car fallait traverser la rivière. A pied, ce n'était pas possible. Donc, il a pris beaucoup plus d'élan et puis il a réussi à passer. Et là, un soulagement incroyable, on a senti que la tension s'est relâchée. Et tout ça pour dire que, à la fin, on a mis finalement que 14h, donc c'était le minimum…

Cécile : Il a géré !

Yann : Et il a vraiment géré. Mais moi j'ai dit à ma femme « non, non, le retour on ne le fera pas en bus, on est vivant, moi je veux rentrer quand même, on est vivants, donc on va faire s'il faut rester deux ou trois jours de plus dans l'Amazonie pour avoir un billet d'avion, on y restera ». 

Cécile : Ce qui est fou, c'est de se dire que le chauffeur, lui, il fait ça tous les jours et qu'il y a aussi des gens qui, comme tu le disais tout à l'heure, font ça pour aller faire des soins ou ce genre de choses... C'est effectivement un peu le voyage de l'enfer… Du coup, tu nous as parlé beaucoup de rencontres à travers les différentes anecdotes que tu nous as déjà partagées... On dit souvent que les voyages apportent une ouverture d'esprit, et que ça permet de découvrir des choses sur soi-même dont on n'avait pas conscience auparavant, etc. Qu'est-ce que tu retiendrais toi, justement, de ce voyage ? Qu'est ce qui t'a marqué le plus ? 

Yann : C'est vraiment les rencontres, les partages, la relation au travail…. La vie n’est pas facile dans plein d'endroits, mais la relation au travail, en fait, on a trouvé qu'elle était quand même meilleure dans tous les pays qu'on a traversés. Même si ce n’est pas facile… Attention, c'est clair que quand on discute en Amérique du Sud, c'est plus compliqué que quand on est arrivé en Australie. Mais même en Australie c'est la base, c'est le Way of Life australien. La relation au travail est incroyable. Les gens vont au travail, mais c'est comme s’ils vont voir famille, ou des amis... En Amérique du Sud, la vie n'est pas facile. Mais à partir du moment où ils ont un toit, de quoi manger, ils sont avec la famille, avec les amis. En fait, tout va bien, ils sont tranquilles, ils vivent. Ils préfèrent prendre du temps, regarder un lever de soleil, coucher de soleil, prendre un moment à discuter sur un banc avec des amis dans un quartier. Ils profitent plus du temps qui passe. C'est ça qui qui nous a le plus émerveillé en fait aussi, avec des paysages somptueux, c'est clair. 

Cécile : Mais du coup, il y a un moment donné où il faut rentrer. Il faut rentrer en France, poser ses valises et retrouver un peu sa vie d'avant. Comment s'est passé votre retour ? Le quotidien, les premiers jours, comment l’avez-vous vécu ? 

Yann : Alors le retour… effectivement… Ça nous tardait de rentrer car on est parti un an. On n'est jamais revenu en France, donc ça nous tardait de revoir les familles, les amis, les collègues, etc. Ce qui est étonnant en fait… mais tout le monde nous avait plus ou moins prévenu que ça allait être un peu difficile… c’est que, après avoir repris le travail à la fin de la première semaine avec ma femme, on était là et on s'est dit « mais franchement, sur la semaine, on a fait quoi là ? » Parce qu'une semaine, quand vous êtes en voyage comme ça, où il faut tout le temps organiser… En fait, le soir… on ne savait pas d'une journée sur l'autre où est-ce qu'on allait dormir. Il fallait chercher comment aller à tel endroit, où est ce qu'on va manger… Donc on est tout le temps en mode en recherche, en fait, de comment se déplacer, où aller, où dormir, etc. C'est quand même une charge mentale. Il ne faut pas le négliger. C'est fatiguant. Et ce qui a fait beaucoup rire les amis et la famille qui nous suivaient à travers une application qui s'appelle Polarsteps, c'est qu'au bout de deux mois et demi, on était en Bolivie à Sucré et on a dit « on va prendre deux ou trois jours de congé parce qu'on est fatigués ». Donc voilà, on a pris deux, trois jours de congé alors qu'on était en année sabbatique. Ça a fait vraiment rire les familles et les amis. Et le retour, il est d'autant plus fade parce que, en fait, on était tout le temps mobilisé sur quoi faire ? 

Cécile : Il y a le côté sédentaire aussi peut-être ? Vous étiez, j'imagine, très souvent à l'extérieur, justement, en train de marcher, en train de visiter... 

Yann : Oui, je pensais que c'était super en fait, parce que j'avais perdu finalement sept kilos, donc c'était génial. Mais en fait j'en ai repris plus en revenant. Il faut reprendre les activités un peu sportives et bouger parce que sinon... D'ailleurs, la médecine du travail nous le rappelle souvent je crois. 

Cécile : Merci pour toutes ces infos Yann. Si justement pour conclure, tu avais… je ne sais pas moi… un pays que tu que tu pourrais recommander en tout premier si quelqu'un avait envie de voyager ?

Yann : Alors en tout premier, je dirais la Bolivie. La Bolivie, c'est un peu un coup de cœur en fait. Déjà, ce n’est vraiment pas cher et ce sont des paysages incroyables. 

Cécile : Quel a été ton plus gros choc culturel dans tout ça ? 

Yann : Pour le Pour la petite histoire, c'est par exemple l'Amazonie. Quand on était avec notre guide... Il nous a expliqué le rite de passage des peuples autochtones. A onze ans, son grand père lui a expliqué tout ce qu'il fallait savoir pour survivre dans l'Amazonie et à l'âge de onze ans, ils vont perdre les enfants dans la forêt et, si l'enfant revient, c'est bon, il est devenu adulte. S'il ne revient pas, c'est qu'il n'est pas devenu adulte… Donc ça, ça fait quand même bizarre... Il nous a expliqué aussi qu'il avait deux dents de Jaguar qui lui venait de sa grand-mère, et que c’étaient des vies. Un jour, il a pris sur lui une décharge de la foudre. Et il m'a dit « il me reste plus qu'une dent de Jaguar, l’autre a disparu et c'est ma grand-mère qui m'a donné une vie ». 

Cécile : De façon plus pragmatique, si tu devais citer un objet indispensable à mettre dans ton sac à dos ? 

Yann : Des pinces à linge, tu vois, ça, c'est quand même pas mal. Parce que quand tu as toute ta vie dans un sac à dos pour un an régulièrement, il faut quand même faire un peu de nettoyage. 

Cécile : Les essentiels... Et à l'inverse ? Si c'était à refaire, qu'est-ce que tu retirerais de ton sac ? 

Yann : Prendre un pull et une laine polaire, ça suffit. 

Cécile : D'où l'intérêt de prendre les pinces à linge. 

Yann : Et voilà, c'est ça. 

Cécile : Et alors justement, qu'est-ce que tu as ramené dans ton sac ?

Yann : Aux îles Marquises, on a sculpté, avec un vrai sculpteur de tiki, des Tiki. Ce sont les grosses sculptures qu'on voit sur l'île de Pâques, etc. On a sculpté, à partir de d'une planche, nos propres tiki. Normalement, ce sont des éléments protecteurs. Ils sont chez nous maintenant, ils protègent notre maison.

Cécile : C'est super… Si je te dis « repartir demain », tu me dis oui ou tu me dis non ?

Yann : Je te dis un grand oui !!

Cécile :  Pour terminer, si tu devais résumer cette année autour du monde en une seule phrase, qu'est-ce que tu dirais ? 

Yann : Je peux dire plutôt deux mots…. Enfin, ça fait même plus. Je veux dire, aujourd'hui, franchement, on a l'impression que c'est un rêve. Je n’ai pas l'impression que tout cela a été réel. C'est ça qui est fou. 

Cécile : C'est une belle conclusion. Certains diraient que c'est une parenthèse enchantée, mais un rêve c'est très bien aussi. Merci Yann pour ce partage et ce beau voyage par procuration. Pour les plus curieux, on vous mettra à disposition une vidéo qui retrace le voyage de Yann et les différents pays qu'il a pu visiter. Et puis nous, on se retrouve bientôt pour un nouvel épisode de « De vive voix ».